Communiqué de Presse
Incinération et cancers : des résultats alarmants passés sous silence

Paris, le 2 avril 2008 - Le 30 novembre 2006, l'institut de veille sanitaire (InVS) rendait public les résultats préliminaires de l'étude sur l'incidence des cancers à proximité des usines d'incinération d'ordures ménagères. Le CNIID s'était déjà alarmé des excès de risque significatifs mis en évidence et attendait les résultats définitifs (1). Près d'un an et demi après, ils sont enfin disponibles...et plus alarmants encore! Le tableau ci-contre montre que, pour tous les types de cancers, les risques relatifs avaient été sous-estimés en 2006.
Etant donné les courtes périodes de latence choisies entre exposition et apparition d'un cancer (5 ans pour les leucémies, 10 ans pour les autres cancers), il y a, en plus, de forts risques que les résultats restent encore sous-estimés par rapport à la réalité, ce que reconnaît d'ailleurs l'InVS à plusieurs reprises dans le rapport : le pic d'apparition des cancers n'est ainsi peut-être pas encore atteint.

Types de cancer

Excès de risque de cancers - Résultats préliminaires – novembre 2006

Excès de risque de cancers - Résultats définitifs – mars 2008

Myélomes multiples (hommes)

/

+23%

Myélomes multiples (2 sexes)

/

+16%

Sarcomes des tissus mous (2 sexes)

+12,9%

+22%

LMNH (2)(chez la femme)

/

+18%

LMNH (2 sexes)

+8,4%

+12%

Cancer du foie (2 sexes)

+9,7%

+16%

Cancer du sein chez la femme

+6,9%

+9%

Tous cancers chez la femme

+4%

+6%

Les résultats de cette étude qui porte sur une situation passée (incidence de cancers entre 1990 et 1999) ne peuvent être transposés à une situation actuelle selon l'InVS. « Nous allons demander aux populations qui vivent aujourd'hui à proximité d'un incinérateur de patienter 10 ou 20 ans pour lancer une nouvelle étude et pour connaître le risque qu'un incinérateur actuel ait provoqué un cancer » s'insurge Sébastien Lapeyre, chargé de mission incinération au CNIID. Les mises aux normes ne peuvent pas tout, eu égard notamment au cocktail chimique présent dans les fumées. « Les normes ne sont pas des normes sanitaires mais uniquement des normes techniques : ce n'est pas parce que les normes sont divisées par 10 sur tel ou tel polluant que les risques diminueront d'autant » précise Sébastien Lapeyre. Le corps médical, en parallèle des ONG, s'est d'ailleurs massivement mobilisé pour dénoncer les risques sanitaires actuels de l'incinération.
Les populations paient au prix fort le manque de volontarisme pour réduire le recours à l'incinération. Alors que les travaux du Grenelle sont en cours, ces nouveaux résultats, passés inaperçus, viennent confirmer une fois de plus les risques liés à l'incinération et le peu de cas fait au principe de précaution.

Contacts : Sébastien Lapeyre - 01 55 78 28 65 (sebastien@cniid.org)    

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(1) Rapport disponible sur : http://www.invs.sante.fr/publications/
(2) LMNH : Lymphones malins non hodgkiniens

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TRADUZIONE DAL FRANCESE

(Centro Nazionale di Informazione Indipendente sui Rifiuti)

Notizie dalla Francia: INCENERITORI

Incenerimento e cancro: risultati allarmanti passati sotto silenzio

 

Parigi: 2 aprile 2008 - Il 30 Novembre 2006, l'istituto di sorveglianza sanitaria (InVS) rese pubblici i risultati preliminari dello studio sull'incidenza dei cancri in prossimità di inceneritori di rifiuti domestici. Il CNIID era stato già messo in allarme degli eccessi di rischio significativi ed attendeva i risultati definitivi (1). Circa un anno e mezzo dopo sono infine disponibili... ed ancora più allarmanti! La tabella qui sotto mostra che per tutti i tipi di cancro i rischi relativi erano stati sottostimati nel 2006. Dati i corti periodi di latenza scelti tra l'esposizione e l'apparizione di un cancro  (dovrebbero essere di almeno 5 anni per le leucemie, 10 anni per tutti gli altri cancri), ci sono, inoltre, grossi rischi che i risultati rimangano ancora sottostimati rispetto alla realtà, come riconosce inoltre l'InVS a più riprese nel rapporto: Il picco di apparizione dei cancri potrebbe ancora non essere apparso.

  

Tipi di cancro

Eccesso di rischio di cancro, risultati preliminari – novembre 2006

Eccesso di rischio di cancro -  Risultati definitivi  –  marzo 2008

Mieloma multiplo

(uomini)

/

+23%

Mieloma multiplo

(2 sessi)

/

+16%

Sarcoma dei tessuti molli

(2 sessi)

+12,9%

+22%

LMNH (2)(donne)

(Linfoma di Hochkin)

/

+18%

LMNH (2 sessi)

(Linfoma di Hochkin)

+8,4%

+12%

Cancro al fegato

(2 sessi)

+9,7%

+16%

Cancro al seno

nella donna

+6,9%

+9%

Tutti i tipi di cancro

nella donna

+4%

+6%

 

I risultati di questo studi che riferisce su una situazione passata (incidenza dei cancri tra il 1990 ed il 1999) non possono essere trasposti ad una situazione attuale secondo l'InVS.

<<Dovremmo chiedere alle popolazioni che oggi vivono vicino ad un inceneritore, di pazientare ancora 10 o 20 anni per lanciare un nuovo studio per conoscere il rischio di incidenza di un inceneritore moderno sul cancro>> insorge Sebastien Lapeyre, incaricato dell'affare incenerimento al CNIID, Le messe a norma non risolvono tutti i problemi, in particolare relativamente al cocktail chimico presente nei fumi.

<<Le norme non sono delle norme sanitarie ma unicamente delle norme techniche: non è perché i valori di norma vengono divisi per dieci su questo o quell'inquinante che i rischi diminuiscono dello stesso rapporto>> precisa Sebastien Lapeyre. I corpi medici, in parallelo alle ONG, si sono anche mobilitate massivamente per denunciare i rischi attuali dell'incenerimento.

Le popolazioni pagano in larga misura la mancanza di volontà a ridurre il ricorso all'incenerimento Adesso che i lavori su Grenelle sono in corso, questi nuovi risultati, passati inosservati, vanno a confermare una volta di più i rischi legati all'incenerimento e la scarsa importanza che si dà al principio di precauzione.

 

Saluti

Christian De Nisi

Comitato No Inc